Pédagogie : Le numérique réinvente-t-il l’approche des sorties culturelles ?

      Pédagogie : Nombre d’articles de presse prônent la révolution numérique des musées comme une opportunité de faire de l’expérience culturelle une expérience interactive. Certes, l’introduction des outils mobiles change la configuration d’une visite culturelle, cependant quel rôle compte-t-on donner à ces outils numériques ? Un rôle ludique ou une possibilité d’apprendre autrement ? L’enseignant doit arriver à se positionner afin de ne pas perdre de vue ses objectifs de pédagogie.

Patrimoine et expériences numériques pour la pédagogie.


Les musées et les monuments historiques repensent l’expérience visiteur de tout au tout. L’heure est aux visites virtuelles 3D, aux guides interactifs, aux hologrammes et au transmédia, obligeant les anciens audioguides à se moderniser. Les musées lancent des plate-forme mobile de distribution de contenus de médiation nouvelle génération. A la place des audioguides, les visiteurs surfent sur des smartphones ou des tablettes.

     Le créateur des visites interactives à 360° pour le château de Versailles, le Louvre Abu Dhabi ou encore la Fiac, affirme que les « l’évolution des nouvelles technologies, écrans modifie en profondeur le rapport des gens à la culture et aux lieux de culture comme les musées et tout évènement artistique. Le lien traditionnel entre ces lieux de culture et les visiteurs est complètement remis en question, car le visiteur de musées recherche de en plus d’interaction et est de plus en plus exigeant » (La Tribune 19/08/2014).

 La e-transformation des musées.


     Lorsqu’un musée se lance dans la transformation numérique, la 1ère étape est la numérisation des collections afin de diffuser le patrimoine. L’apport du numérique se manifeste surtout avec une seconde étape qui concerne la relation musée/public. Les applications diverses permettent de faire « sortir le musée dans la rue ». Les technologies permettent l’accessibilité, la démocratisation et la participation des visiteurs.

   Il faut toujours veiller à ce que l’expérience numérique reste liée à l’expérience physique du visiteur: le but est de combiner les deux formes entre elles. Les outils et les technologies utilisées sont multiples mais permettent de créer un dialogue et stimuler le public (en participant, répondant et partageant son expérience muséale).

Et les savoirs dans tout ça ?


  En tant qu’enseignant(e) et à fortiori didacticien(ne), la question reste de savoir si cette « expérience numérique » contribue toujours aux apprentissages. Autrement dit est-ce que l’expérimentation est vraiment le but à atteindre ou bien plutôt l’acquisition et l’intégration de savoirs pas les élèves. La gamification est au coeur des recherches en didactique avec l’étude des serious games. Le succès de cette approche tient sans aucun doute à l’intention du concepteur. Si celui-ci cherche à capter l’attention de jeunes visiteurs ou bien si sa réflexion a été de s’interroger sur le contenu des savoirs à acquérir à l’issue de la visite du musée. La réponse est donc dans le positionnement que le service éducatif va choisir dans l’élaboration de ses visites numériques. Je pense que cette réflexion doit se faire en partenariat avec les enseignants qui « pratiquent » au quotidien les programmes scolaires ou encore avec les didacticiens des disciplines qui par leur expertise contribuent à  faire de l’expérience numérique une véritable opportunité d’apprendre autrement.

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5 Comments

  1. leroy

    Très intéressant. Voici l’analyse et l’étude qui aurait dû être faite avant de plonger dans l’innovation numérique des musées. Comme toujours ont réagit par effet de mode IN, même quand la réaction se fait attendre elle fini par être par effet de mode IN la question n’est pas de vivre avec son temps car les musées sont intemporelle ou du moins devrait l’être. La question est quel valeur ajouter apporte le numérique et pour qui sans toute fois portez préjudice au sens et la valeur. La limite est parfois fine l intérêt du numérique pour une personne ayant un handicap ne sera pas le même pour un enfant le numérique apporte un côté ludique mais lenfant ou le visiteur ne doit pas perdre la valeur de l’objet la nécessiter du respect de l’oeuvre. On ne doit pas confondre accessibilité et banalité. Mais quece qui doit être accessible? L’oeuvre? le contenu de l’oeuvre ? Le musée? Autant de question qui offre pour réponse de la place à prendre par le numérique dans les musées. Oui il ya une place à prendre mais toujours au même niveau. Pour cela la conception d’application pour les musées et leurs oeuvres doit être réalisé dans la concertation permanente avec un médiateur qui a connaissance du patrimoine, de son essence . Connaissance des publics car il s’agit d’eux et connaissance des possibilités des nouvelles technologie afin de les analyser avec justesse. Même si l’erreur est un humaine elle sera moindre ici. In sera le trait d’union entre 3 mondes dont il a un contact.: patrimoine et musées, publics sans distinction de classe, et les entreprises de solurions numeriques. Le même problème se pose avec le numérique dans l’éducation, le commerce, la pub et d la communication., l’art. Le numérique comme l’ordinateur sont des outils qui apporte un plus mais ne remplace pas forcément. …

    • Merci pour votre analyse ! Effectivement l’intégration du numérique nécessite dans chaque domaine une réflexion de tous les acteurs … Quant à la valeur ajoutée du numérique ? Les études en la matière ne permettent pas de trancher dans le domaine éducatif … mais c’est une opportunité pour les enseignants de se poser des questions, de travailler en équipe et de rechercher des pistes alternatives à notre enseignement traditionnel.

  2. leroy

    Dans certain cas il faut laissé le numérique à côté. Car la vielle méthode à aussi sa saveur son parfum.
    Pas évident de répondre d’un smartphone.
    Merci pour cet article riche.

  3. Denis Sestier

    Bonjour

    Vous envisagez, et c’est très intéressant, la question du point de vue des musées et des équipements qu’ils peuvent mettre en place pour transformer l’expérience du visiteur par le numérique. La question se pose également du point de vue de l’enseignant qui prépare sa visite pédagogique : les outils numériques peuvent-ils aider à enrichir la visite et mettre davantage l’élève en activité ? En bref comment intégrer la sortie dans un vrai parcours pédagogique et didactique et ne pas en faire une simple parenthèse ?
    J’ai tenté à plusieurs reprises l’expérience de la sortie scolaire avec des tablettes tactiles et les smartphones des élèves.
    Ma conclusion est que ces outils permettent réellement d’enrichir la sortie scolaire et aux élèves d’en tirer davantage parti, pour peu qu’on les intègre dans un projet global qui commence avant la sortie et la prolonge par une réelle exploitation des données collectées qui ne soit pas un simple corrigé de questionnaire.
    L’autre condition est de parvenir à créer un parcours qui brasse les outils numériques (outils nomades, PC fixes, téléphones ou enregistreurs …), les lieux (lieu de visite, salle informatique, classe, travail personnel à domicile …), les sources (sites internet, matériel collecté par les élèves, encyclopédies ou dictionnaire en ligne ou « en dur », manuels …) et les modalités de travail (seul, en équipe, en classe, en salle informatique, en présentiel ou pas …)
    Un compte rendu de l’une de ces sorties (Mémorial de Caen) : http://histoire-geographie.discip.ac-caen.fr/spip.php?article255

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